Comment protéger votre caméra IP contre le piratage et préserver la vie privée de votre famille
lundi 1 juin 2026
L'été approche à grands pas, tout comme la saison des vacances et des résidences secondaires. Durant cette période, nous nous déplaçons davantage et utilisons souvent des caméras IP pour surveiller à distance notre appartement, notre maison ou notre jardin : vérifier comment poussent les plantations, s’assurer que tout est à sa place ou simplement observer ce que fait le chat lorsque personne n’est à la maison.
Les caméras de surveillance sont devenues un outil pratique pour renforcer la sécurité domicile, mais lorsqu’elles sont mal configurées ou utilisées sans précaution, elles peuvent au contraire devenir une porte d’entrée pour les cybercriminels et une menace pour la vie privée.
De plus, nul besoin d'un cambriolage digne d'un film d'horreur : quelques tutoriels en ligne, des forums spécialisés et un peu d’entraînement peuvent parfois suffire.
Comment éviter de devenir la vedette d'une émission de téléréalité non désirée ? – Explications dans ce nouvel article du projet Lumières sur la sécurité.
Que sont les caméras IP ?
IP signifie « Internet Protocol ». Une caméra IP est donc un dispositif de vidéo-surveillance qui transmet des images sur un réseau via le protocole Internet. C'est ce qui distingue la caméra IP des caméras classiques, qui transmettent la vidéo par câble coaxial en format analogique.
Grâce à la transmission numérique des données via Wi-Fi ou Internet, les caméras IP permettent de surveiller facilement votre appartement, votre maison ou une résidence secondaire à distance. Mais cette facilité a un revers. Puisque la caméra est connectée à Internet, dans certaines conditions, une autre personne peut y accéder.
Comment les caméras IP sont-elles piratées ?
Nous avons l'habitude de nous connecter à une caméra IP via un ordinateur, un smartphone ou une tablette en saisissant notre nom d'utilisateur et notre mot de passe dans une application dédiée. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs ignorent que la plupart des caméras connectées peuvent envoyer leur flux vidéo dans un format standard à toute personne qui en fait la demande. Pour se connecter, il suffit de connaître l'adresse IP de la caméra, le port utilisé, ainsi que l'identifiant et le mot de passe. Et c’est là que réside le danger : dans de nombreux cas, les identifiants utilisés ne sont pas ceux de l'application mobile, mais les paramètres par défaut configurés en usine. Or, ces combinaisons sont largement connues et extrêmement faciles à deviner :
- admin/ 12345,
- admin/ admin,
- admin/ 55555,
- admin/ 1234,
- user/ user,
et bien d'autres paires similaires. Des centaines de milliers d'appareils dans le monde diffusent des vidéos avec ces paramètres, et votre caméra intégrée pourrait en faire partie.
Une fois l'identifiant et le mot de passe déterminés ; il ne manque plus que l'adresse IP. Ce n'est pas compliqué non plus : des services spécialisés analysent automatiquement les adresses IP à la recherche de réponses caractéristiques et de ports ouverts. Par exemple, ZoomEye ou bien Shodan. Ce sont des moteurs de recherche spécialisés pour les objets connectés (IoT). L'Internet des objets inclut non seulement les caméras IP, mais également les routeurs, les alarmes, les réfrigérateurs, les ampoules, les rideaux et autres gadgets. Dans la fonction de recherche, vous pouvez configurer une recherche dans une zone spécifique, par exemple, au sein d'une association de jardinage. Ensuite, il s'agit d'une question de technique et de nombre d'essais.
La plupart des caméras sont gérées par des systèmes Linux. Elles présentent leurs propres vulnérabilités qui peuvent être exploitées par des personnes mal intentionnées : exécution de code à distance (RCE), attaques XSS et CSRF, et accès non autorisé, par exemple lorsqu’une personne oublie de fermer le panneau d’administration. Elles permettent à un pirate de s'introduire dans votre système et d'accéder à vos données vidéo.
Une autre méthode d'accès illégal consiste à pirater votre espace de stockage en nuage. Pour simplement ouvrir une application sur votre smartphone et regarder votre chat, le flux vidéo doit être stocké quelque part. Le plus souvent, il s'agit du cloud. Si un service présente une sécurité insuffisante, des attaquants peuvent le pirater et accéder aux données de milliers d'utilisateurs.
Dans certains cas, une simple attaque par force brute peut suffire. Si les paramètres de votre caméra IP ne limitent pas le nombre de tentatives de connexion, les pirates peuvent utiliser un programme ou un bot qui testera méthodiquement différents mots de passe jusqu'à trouver le bon.
Le projet Lumières sur la sécurité recommande
Comment se protéger du piratage ?
- Tout d'abord, il est conseillé de modifier immédiatement l'identifiant et le mot de passe d'usine après l'installation de la caméra, si votre appareil le permet. La procédure de réinitialisation peut varier selon les fabricants, et certains n'en proposent aucune. Avant l'achat, il est préférable de vérifier la disponibilité de cette option et de choisir une caméra qui la propose. Les règles de création d'un nouveau mot de passe sont simples : chiffres et lettres, caractères latins et cyrilliques, majuscules et minuscules, signes de ponctuation et autres caractères spéciaux, tels que @>*.
- Activez le verrouillage du mot de passe après une saisie du mot de passe incorrecte. Certaines caméras proposent cette option : après 3, 5 ou 7 tentatives de connexion infructueuses, la caméra se verrouille pendant quelques minutes. Cela empêche de trouver le bon mot de passe.
- Si vous n'avez pas besoin d'accès à distance, désactivez-le. Par exemple, si vous êtes à votre résidence et que vous n'avez pas besoin de surveiller la situation à distance.
- Vérifiez la liste de tous vos comptes. Ces comptes peuvent contenir des accès invités, des comptes de service pour l'accès à distance par les employés du centre de service, ou d'anciens identifiants. Supprimez tous les accès sauf les accès actifs.
- Vérifiez si l'authentification obligatoire est activée par défaut.
- Mettez à jour le firmware régulièrement. Les fabricants publient des correctifs pour résoudre les failles de sécurité découvertes, mais leur installation nécessite souvent une intervention manuelle. Les mises à jour contribuent à renforcer votre sécurité et votre confidentialité.
- Créez un réseau Wi-Fi distinct pour vos appareils connectés. Dans ce cas, même si des cybercriminels parviennent à pirater votre caméra IP, ils ne pourront pas accéder à votre ordinateur personnel ni à votre téléphone.
- Évitez les caméras bon marché de marques inconnues. Il n'est pas rare que ces appareils soient vendus avec des portes dérobées permettant un accès à distance.
- Filtrez les adresses IP. Ainsi, seules les adresses figurant dans la liste pourront accéder à votre caméra.
- Utilisez un logiciel antivirus éprouvé, tel que Dr.Web Security Space pour les appareils mobiles. Il protège non seulement les smartphones et les tablettes, mais également les appareils Android contre le piratage, les intrusions et la surveillance indésirable.

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